Transmis par le CPDH

Au rythme d’une comparution immédiate, un professeur des écoles a été sévèrement sanctionné par sa hiérarchie pour avoir lu des extraits de la Bible dans sa classe de CM1 et CM2.

L’affaire n’a pas traîné, comme s’il s’agissait d’un enseignement djiadiste dans une classe clandestine de radicalisés.

 

Les faits
Le 30 janvier dernier, l’Inspection Académique reçoit un courrier anonyme dénonçant les enseignements d’un professeur des écoles qui aurait lu des extraits de la Bible en classe. Le 1er février, c’est à  dire deux jours plus tard, un inspecteur de l’Éducation nationale se rend dans la classe des niveaux CM1 et CM2. De bonne foi (si l’expression est encore autorisée) le professeur reconnait les faits. Le 3 février, sans doute à  cause de l’État d’urgence, l’enseignant est convoqué devant le directeur départemental de l’Éducation Nationale à  Châteauroux et il est aussitôt suspendu pour une durée de 4 mois à  titre conservatoire. Il convient de statuer sur ce crime de lèse-laïcité. Le 4 avril : convocation à  une commission de discipline. Le 19 avril : l’instituteur dépose un recours hiérarchique via son avocat, maître Mongis, auprès du ministère pour tenter d’annuler l’arrêté de suspension.
Le CPDH, par la voix de son président, est entré en contact avec cet avocat qui a reconnu :  » Mon client se déclare agnostique et il a été véritablement mis KO debout, lors des premières semaines de sa suspension et puis, grâce notamment aux nombreux soutiens des parents d’élèves, des élus et de proches, il est redevenu combatif et aujourd’hui, même si une erreur d’appréciation peut lui être reprochée, le critère de gravité n’est nullement avéré.  »

Inspection (pas) Académique

Si le professeur reconnait avoir lu des extraits de la Bible, il plaide le souci d’illustrer ses cours dans le cadre d’un enseignement sur l’histoire et la culture des civilisations. Il signale aussi n’être pas chrétien, s’être marié civilement et n’avoir pas fait baptiser ses enfants. Il pense être juste un enseignement qui illustre ses cours de citations choisies. Il conteste avec la plus grande énergie toute intention prosélyte de sa part et toute atteinte à  la laïcité. Or voilà  que le recours qu’il a déposé en son temps auprès de la ministre de l’Éducation Nationale n’a pas abouti. Il est vrai qu’entre temps, le gouvernement ayant changé, la ministre a été (heureusement) remplacée, mais le nouveau n’a sans doute pas eu l’occasion de se saisir du dossier en cours d’instruction.

Qu’importe, la machine républicaine était lancée et le jugement a été rendu le 2 juin : le professeur a été suspendu définitivement de son poste et ne retrouvera pas sa classe.

L’enseignant était pourtant défendu par de nombreux parents d’élèves, des élèves et des élus, qui ont organisé une manifestation de soutien devant l’Inspection Académique de Châteauroux. Ces citoyens ont eu moins de poids que la lettre anonyme. Finalement, le professeur est muté d’office par la commission de discipline de l’Inspection académique. En attendant cette mutation pour la rentrée prochaine, il est généreusement autorisé à  enseigner de nouveau jusqu’à  la fin de l’année en assurant simplement des remplacements.

J’efface ton nom : Liberté !

Si un professeur agnostique et soucieux de la laïcité dans sa classe ne peut même plus citer la Bible, nous sommes entrés dans un régime totalitaire où il ne s’agit même plus d’une atteinte à  la liberté religieuse, mais à  la liberté d’expression, de parole. Il y a un fanatisme laïcard et sans doute anti-chrétien qui devient une inquisition ridicule mais effrayante.

Il parait que l’École veut protéger ainsi de toute idéologie malsaine qui pourrait influencer négativement la construction intellectuelle, psychologique et sociétale des enfants qui lui sont confiés. On le sait, la religion est un archaïsme dont il faut s’affranchir. Heureusement, il y a l’Éducation Nationale, telle une sentinelle pour nos chères têtes blondes. C’est la même élite idéologique qui impose sournoisement la théorie du genre et autres banalisations dans le domaine des sexualités, considérant là  son rôle éducatif, mais qui refuse tout ce qui pourrait être du domaine moral, pour ne pas dire éthique.

On se demande qui manipule qui dans pareil climat. Quoi qu’il en soit, comme à  l’époque du KGB et de la Stasi, de beaux jours s’ouvrent pour les délateurs et auteurs de lettres anonymes ; en espérant au moins que ces corbeaux, s’ils manquent d’intelligence, ne font pas trop de fautes d’orthographe.

Eric Denimal