La grâce, une histoire vieille comme l’humanité, par Paul Calzada, suivi d’une note de Michele d’Astier

« Dieu fit à Adam et à sa femme des habits de peau, et il les en revêtit. » (Genèse 3.21)

Dès les premiers chapitres du livre de la Genèse, à la suite du péché de désobéissance de l’homme et de la femme daRésultat d’images pour feilles de figuierns le jardin d’Éden, nous voyons surgir deux formes antagonistes de comportements religieux :

Le légalisme et la grâce. On pourrait également parler des œuvres et de la grâce.

Dans le premier cas, que ce soit le légalisme ou les œuvres, il s’agit de l’effort de l’homme pour se présenter devant Dieu avec sa propre justice. Cet effort se concrétise par les vêtements que l’homme et la femme se confectionnent eux-mêmes avec quelques feuilles. Ils veulent se présenter devant Dieu revêtus. Ils ont enfreint la loi. Ils ont désobéi, et veulent couvrir leur honte et leur péché en se revêtant eux-mêmes d’une justice qu’ils se fabriquent. Ils se croient obligés de se fabriquer une méthode de justification, du genre : « Tu te fabriqueras des vêtements pour te présenter devant Dieu ! »

Depuis Adam et Ève, nous avons hérité de cette tendance au légalisme. Le légalisme est un atavisme qui remonte à ces premiers instants de l’humanité.

Adam et Ève, au lieu d’aller vers Dieu tels qu’ils étaient, comme de pauvres pécheurs désobéissants, se présentent à lui, revêtus de leur tunique de feuilles.

Ainsi est l’humanité !

Depuis toujours les hommes se fabriquent des lois, des règles, des rites religieux… pour s’approcher de Dieu. Cette attitude légaliste consiste à faire notre salut au moyen de nos œuvres, de nos mérites, de notre observation stricte de règles fabriquées par nous-mêmes. Le légalisme conduit à une forme d’auto satisfaction qui repose sur nos mérites, tout en nous laissant dans l’incertitude de savoir si nous en avons assez fait.

A ce légalisme des hommes, Dieu oppose une fin de non recevoir.

Dieu va se charger lui-même de revêtir Adam et Ève en leur offrant des vêtements de peau. (Genèse 3.21)

C’est comme si Dieu disait à cet instant précis : « Votre propre justice, vos efforts, vos œuvres, votre légalisme ne me satisfont pas, je vais vous faire cadeau d’un vêtement qui me convienne. »

Ce vêtement de peau, offert par Dieu, sous-entend le sacrifice d’un animal innocent. Dieu leur fait don d’un vêtement de sa fabrication.

Le salut est un don de Dieu. Dieu est l’auteur de notre salut. La grâce qu’il nous accorde repose sur le sacrifice de l’Agneau immolé, dont Jean a eu la vision. (Apocalypse 5.6)

La seule chose qu’Adam et Eve avaient à faire était de se dépouiller du vêtement qu’ils s’étaient fabriqué pour se revêtir de celui que Dieu qui leur offrait.

Ma prière en ce jour :

Seigneur, je renonce à vouloir me justifier par mes œuvres et j’accepte la justification que tu m’offres au travers du sacrifice de Christ. Merci pour cette grâce imméritée. Amen !

Paul Calzada


Note MAV: Voici un article qui, personnellement, me conduit à beaucoup de réflexions. D’abord, pourquoi Dieu a-t-il choisi  qu’il soit écrit : « des feuilles de figuier ». On sait que le figuier symbolise Israël dans la Bible, et le figuier sans fruits, l’Israël religieux qui a rejeté la grâce de Christ et qui ne la comprend même pas.

Roms 10 : 1 Frères, le voeu de mon coeur et ma prière à Dieu pour eux, c’est qu’ils soient sauvés. 2 Je leur rends le témoignage qu’ils ont du zèle pour Dieu, mais sans intelligence : 3 ne connaissant pas la justice de Dieu, et cherchant à établir leur propre justice, ils ne se sont pas soumis à la justice de Dieu; 4 car Christ est la fin de la loi, pour la justification de tous ceux qui croient.

Ce « ils » en Romains 10, ce sont effectivement les juifs religieux.

Roms 9: 30 Que dirons-nous donc ? Les païens, qui ne cherchaient pas la justice, ont obtenu la justice, la justice qui vient de la foi, 31 tandis qu’Israël, qui cherchait une loi de justice, n’est pas parvenu à cette loi.

Mais n’oublions pas que l’Église n’est la véritable Église que si elle est greffée sur l’olivier franc, c’est-à-dire sur « l’élection » d’Israël qui n’est pas endurci et qui a cru à Christ. Voilà les prémices saintes dont parle Paul, qui rendent la « masse », avec ses branches, sainte (Roms 11:16). Abraham, père de la foi, fait partie de ces prémices saintes, comme tous ceux qui ont eu la conviction par la foi, même de siècles ou des millénaires (ex Abel, Noé… avant que Chrit ne vienne au monde en tant qu’homme, que Dieu avait prévu un plan de salut pour l’humanité.

L’Église qui est greffée sur le figuier feuillu (la religion d’oeuvres) ne porte aucun fruit (comestible !) et peut être maudit par Dieu.  Il y a plusieurs paraboles, dites par Jésus par Jésus, concernant le figuier qui a des feuilles mais ne porte pas de fruit en « toute saison »:

Matthieu 21:19 Voyant un figuier sur le chemin, il s’en approcha; mais il n’y trouva que des feuilles, et il lui dit : Que jamais fruit ne naisse de toi ! Et à l’instant le figuier sécha.

Oui, ce figuier-là, ses fruits seraient automatiquement de mauvais fruits. Nous verrons pourquoi.

Marc 11: 13 Apercevant de loin un figuier qui avait des feuilles, il alla voir s’il y trouverait quelque chose; et, s’en étant approché, il ne trouva que des feuilles, car ce n’était pas la saison des figues. 14 Prenant alors la parole, il lui dit : Que jamais personne ne mange de ton fruit ! Et ses disciples l’entendirent.

« Car ce n’était pas la saison »

Jésus ne parle évidemment pas de ce qui se passe dans le naturel, mais dans le spirituel. Le « ce n’était pas la saison » représente les bonnes excuses que nous présentons pour justifier de ne pas faire ce que Dieu nous ordonne de faire, car nous devons porter du fruit en toutes saisons !

La Parole nous exhorte donc à porter du fruit, pas des feuilles, qui ne font que bien mal cacher un cœur mauvais, parce que non circoncis ! Les feuilles, cela peut être très beau, donner une apparence trompeuse, mais c’est aux fruits que l’on reconnaît si l’arbre, finalement, est fructueux ou stérile.

Genèse 3:7 Les yeux de l’un et de l’autre s’ouvrirent, ils connurent qu’ils étaient nus, et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des ceintures.

Une ceinture ne cache pas la nudité, ou la cache bien mal !

Dieu, Lui, va leur faire GRATUITEMENT ET PAR AMOUR des VÊTEMENTS DE PEAU. Ces vêtements de peau sont, bien entendu, un acte prophétique du sacrifice de Jésus, le seul propre, effectivement, à couvrir notre nudité devant Dieu, comme le rappelle Paul Calzada.

Ces feuilles de figuier dont l’humanité religieuse se pare, toutes religions confondues, y compris le judaïsme (Pour un temps : «  Roms 11:2 Eux de même, s’ils ne persistent pas dans l’incrédulité, ils seront entés; car Dieu est puissant pour les enter de nouveau. » ), et y compris le christianisme dévoyé dans le salut par les oeuvres, parlent bien de LÉGALISME  : on fait des oeuvres qui paraissent bonnes, comme Adam et Eve, en pensant que cela va nous justifier aux yeux de Dieu. Cela entraîne automatiquement l’endurcissement, l’incrédulité – on ne croit qu’en partie ce que Dieu a dit- et l’orgueil. En pensant avoir pu se justifier soi-même par ses « bonnes œuvres », on va automatiquement JUGER les autres, non à l’aune de Christ et avec l’amour de Christ pour les perdus, mais à l’aune de soi-même et de ce qu’on pense être sa propre vertu. On en devient des moralisateurs exécrables. On fait fuir ceux qui ne nous imitent pas, par nos jugements méchants, ce qui peut aller jusqu’au meurtre religieux (ex: Caïn,  plus récemment  l’Inquisition, ou aujourd’hui l’Islam, mais aussi  la franc-maçonnerie, le communisme ou  le socialisme, les trois dernières idéologies étant des formes de « religions d’homme », des idéologies à base de « bonnes oeuvres »).

Il est bien plus difficile d’amener à Christ quelqu’un qui, par ses oeuvres religieuses ou idéologiques, se pense « couvert »  que quelqu’un qui se voit dans sa nudité.

Mais de même qu’il est dit que, pour Israël, s’il ne persiste pas dans l’incrédulité, il sera sauvé, de même Dieu laisse un espoir pour le figuier feuillu (donc d’un aspect bien vivant), mais qui ne porte pas de fruits.

Lu 13: 6 Il dit aussi cette parabole : Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint pour y chercher du fruit, et il n’en trouva point.7 Alors il dit au vigneron : Voilà trois ans que je viens chercher du fruit à ce figuier, et je n’en trouve point. Coupe-le : pourquoi occupe-t-il la terre inutilement ? 8 Le vigneron lui répondit : Seigneur, laisse-le encore cette année; je creuserai tout autour, et j’y mettrai du fumier.9 Peut-être à l’avenir donnera-t-il du fruit; sinon, tu le couperas.

Étrange, non ? Un figuier n’a rien à faire dans une vigne (la vigne symbolise l’Eglise, et le jus de son fruit, le sang de Jésus). Il occupe de la place inutilement, dit Jésus (donc il prend la place de la vigne qui pourrait être plantée là). Ce figuier « religieux » a belle allure, il est attractif, mais il ne produit pas des fruits. Remarquons que c’est le propriétaire de la vigne (Jésus) qui parle  au vigneron (celui qui travaille dans la vigne, donc le serviteur de Dieu). Mais le vigneron, c’est aussi le propriétaire de la vigne : «  Jean 15:1 Je suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron  » ) et c’est Lui qui ordonne de couper cet arbre inutile. C’est donc Jésus Lui-même (Il est à la fois le Propriétaire de la vigne et le Vigneron) qui propose de laisser encore un temps pour changer la nature « religieuse » du figuier sans fruit. Il va creuser autour et mettre du fumier, c’est-à-dire fertiliser le sol car celui-ci s’est appauvri, ce qui peut empêcher un arbre de porter des bons fruits.

Notons que c’est un VIGNERON (celui qui travaille dans la vigne, donc cela parle aussi de vrais serviteurs de Dieu), et non un arboriculteur, qui est chargé de cette tâche ! L’arboriculteur dans cette parabole peut être assimilé à un mauvais serviteur qui ne prendrait pas soin de ce qui lui a été confié, alors que c’est à cette tâche qu’il a été appelé. Il ne produit pas de bons fruits.

Voici, si vous êtes légaliste, religieux, moralisateur, ce dont vous avez besoin, c’est de subir d’abord un bon sarclage du Maître, puis de recevoir une nourriture riche : la Parole de Dieu. Elle seule peut nous convaincre de péché, détourner notre regard de la paille des autres pour découvrir nos poutres, et nous révéler ce qu’est vraiment la grâce, qui n’est pas une licence pour pécher mais la clé pour porter de bons fruits: les oeuvres que Dieu a préparées d’avance et qui sont déjà accomplies dans le ciel !

Esaïe 26:12 Eternel, tu nous donnes la paix; Car tout ce que nous faisons, C’est toi qui l’accomplis pour nous.

C’est Jésus, l’Éternel (Héb 7:3), qui nous donne la paix. À nous de porter de bons fruits… en toute saison.

  1 Comment

  1. michele   •     Author

    Selon la tradition juive, Adam et Eve se firent des ceintures avec des feuilles de figuier car c’est l’arbre dont ils auraient mangé le fruit.
    On peut le lire dans le commentaire de Rachi sur la Torah (Rachi, Rabbi Chlomo Yitshaqi (1140-1205)
    « Des feuilles de figuier

    C’est de cet arbre qu’ils avaient mangé. Ce qui avait causé leur perte leur a apporté aussi le remède (Berakhoth 40a, Sanhèdrin 70b). Tandis les autres arbres les ont empêchés de prendre leurs feuilles. Et pourquoi cet arbre n’est-il pas nommé en toutes lettres ? C’est parce que le Saint béni soit-Il n’aime humilier aucune de Ses créatures, et afin que les hommes ne lui fassent pas honte en disant : « Voici celui à cause duquel le monde a été puni ! » (Midrach tan‘houma Wayéra 14) »

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