Pour l’amour de Sion, par le pasteur Gérald FRUHINSHOLZ

« Pour l’amour de Sion je ne me tairai point, pour l’amour de Jérusalem je ne prendrai point de repos, jusqu’à ce que son salut paraisse, comme l’aurore, et sa délivrance, comme un flambeau qui s’allume.  Alors les nations verront ton salut, et tous les rois ta gloire… »

Ce verset nous est devenu personnel dans la mesure où il est comme un slogan pour ne pas nous taire, dire la vérité concernant Israël/Sion, combattre la désinformation relayée par les médias, et dénoncer l’hypocrisie des nations (l’ONU, l’Unesco, Droits de l’Homme…) qui prennent des décisions à l’encontre d’Israël.

 Nous devons ainsi proclamer ce verset, car :

¨ Le peuple juif a besoin de voir des chrétiens prendre la défense d’Israël,

¨ Le monde chrétien qui bien souvent, est influencé par les médias, prend hélas des positions anti-bibliques contre Israël.

Jusque à maintenant, nous personnalisions ce verset en mettant notre nom sur le « je ». Dieu plaçait des « gardes sur les murailles de Jérusalem » (v.6), des sentinelles, des veilleurs, et nous étions ces sentinelles. C’est en effet le devoir du chrétien de prier pour le peuple juif – Israël – pour sa protection et sa sécurité, son unité, son gouvernement, la prospérité de la nation, etc.

Pourtant, le Seigneur nous montre que ce « Je », c’est Dieu Lui-même ! ou du moins pouvons-nous attribuer à Dieu d’être le sujet de la phrase : « Pour l’amour de Sion, dit l’Eternel, JE ne resterai pas dans le silence, et JE n’aurai de cesse et de repos tant que Jérusalem ne sera pas sauvée, et qu’elle devienne une torche embrasée devant être un phare pour l’humanité ! »

Cela ouvre une toute autre perspective !

Bibliquement, nous sommes les porte-paroles de Dieu, ses ambassadeurs ou émissaires. Dieu utilise notre voix et notre action. C’est Lui qui en est l’auteur, le Saint-Esprit qui met en nous cet « Amour pour Sion ». Dieu compte sur nous pour bénir Israël et lui faire du bien. Mais réalisons autre chose : Dieu souffre avec Israël !

« Dieu ne prend pas de repos tant que Jérusalem souffre ! »– Le Seigneur n’est pas un Dieu impassible, Il n’est pas dans le repos, au contraire, c’est un Dieu de miséricorde qui prend à cœur la destinée de son peuple/nation Israël. Alors qu’Israël supporte les opprobres des nations, de l’ONU, de l’Occident comme des nations arabes, alors qu’Israël souffre des attentats qui ne cessent pas, des guerres périodiques, et de cette hostilité permanente des nations environnantes, Dieu souffre avec !

Dieu, partenaire de souffrance avec Israël

Lisons Esaïe 63 :9 : « Dans toutes leurs détresses ils n’ont pas été sans secours, et l’ange qui est devant sa face les a sauvés; Il les a lui-même rachetés, dans son amour et sa miséricorde, et constamment il les a soutenus et portés, aux anciens jours ». Cela, c’est la version Segond. Regardons une version plus près du texte, par exemple la version Darby : « Dans toutes leurs détresses, il a été en détresse,et l’Ange de sa face les a sauvés; dans son amour et dans sa miséricorde il les a rachetés, et il s’est chargé d’eux, et il les a portés tous les jours d’autrefois ».

Nous voyons là une grande différence : l’Ange de sa face dans lequel le nom de Dieu est inscrit (Exode 23 :20-23), et qui ne peut être que le Seigneur avant Son incarnation, est véritablement l’Ange gardien d’Israël ; cela signifie que dans toutes les détresses d’Israël, Dieu souffre ! Durant la Shoah, à Auschwitz, Dieu était avec Son peuple et souffrait avec Lui. Pendant l’Exode dans le désert, il est dit que Dieu a « porté son peuple, comme un père porte son fils » (Deut 1 :31), Il les a nourris, les a protégés.

Dieu attend de nous d’être des participants à sa souffrance

Les chrétiens n’aiment pas entendre qu’il faille souffrir, car Jésus a souffert une fois pour toutes en prenant sur Lui les péchés du monde. Effectivement, Dieu ne demande pas que nous souffrions : l’œuvre de la Croix est unique, et rien ne peut être ajouté à cela.

Pourtant regardons certains versets – notamment Romains 8 :17 : « L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers: héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui ».

Examinons également ce verset de Hébreux 13 :12-13 : « … Jésus, afin de sanctifier le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte. Sortons donc pour aller à lui, hors du camp, en portant son opprobre ». Cela veut-il dire que nous devons aussi « porter Son opprobre », qui parle de souffrance morale : Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas, dit Jésus, « n’est pas digne de moi » (Mat 10 :38). En Romains 12 qui est une sorte de conclusion du message de Paul et notamment des chapitres 9, 10, 11 évoquant Israël, il est écrit : « Je vous exhorte donc frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable ». La version de David Stern est intéressante : « … c’est là le véritable service du temple pour vous ».

Jésus a bu la coupe d’Elie sur la croix

Lorsque nous lisons la Passion et les derniers instants de Jésus avant sa mort, il est une chose que le Seigneur veut accomplir : il boit la coupe d’Elie qui prouve sa messianité, selon le judaïsme. En effet, Jean 19 :30 nous dit : « Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit : Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l’esprit ». Il faut savoir que lors du seder (repas) de Pessa’h, quatre coupes sont disposées sur la table qui parlent des quatre aspects du salut – la délivrance des enfants d’Israël lors de la sortie d’Egypte. Exode 6 :6 nous mentionne ces quatre aspects au travers des quatre verbes : yatsati, nitsalti, gaalti, laqarti – JE vous ai sortis du joug de Pharaon, JE vous ai délivrés, JE vous ai rachetés, JE vous ai adoptés. Jésus nous a, de la même façon, sortis du joug du péché, délivrés, rachetés, et adoptés, greffés sur l’arbre Israël.

La cinquième coupe, que les Juifs ne boivent pas, est la coupe d’Elie ; elle doit être bue par le Messie d’Israël. Jésus l’a bue sur la croix. Or, cette coupe est faite de vinaigre de vin ! Cela parle d’une coupe de souffrance.

Les douleurs de l’enfantement

C’est d’une certaine manière cette souffrance des derniers temps que nous devons « porter ». Paul, en Romains 8 :17-25, nous parle de la souffrance des derniers temps qui ne sera rien en comparaison de la gloire qui vient. La création soupire, et souffre les douleurs de l’enfantement (v 22) – on voit combien aujourd’hui, la planète souffre des méfaits de l’homme notamment. De la même façon, nous soupirons en attendant « la rédemption de notre corps ». Car, dit Paul, nous sommes sauvés « en espérance » ; il s’agit-là de la dernière étape pour un salut complet.

Prophétiquement, on dit que Rachel/Israël souffre les douleurs de l’enfantement. Dans l’attente du Messie qui vient. Or, Israël continue à souffrir au travers des guerres, des attentats, de l’opprobre des nations. Dieu porte l’opprobre d’Israël, comme Jérémie qui pleurait sur Jérusalem :

« De tous ceux qui l’aimait, nul ne la console » – Lam 1 :2.

Corps, âme et esprit – l’image du Tabernacle

Nous sommes faits à l’image de Dieu – corps, âme et esprit. Nous sommes également selon la représentation du Tabernacle fait en trois parties – le Parvis, le Lieu-saint, le Lieu-très-saint.

Nous découvrons avec le Tabernacle l’image de Dieu :

¨ Le Parvis (avec l’autel et la Cuve d’airain) : cela nous parle de la nouvelle naissance qui nous rend juste devant Dieu. Avec l’œuvre glorieuse de la Croix à Golgotha, l’esprit nous est rendu (perdu à l’Eden, à cause de la Chute).

¨ Le Lieu-saint (avec la Menorah, la table des pains, l’autel des parfums) : cela évoque le baptême de l’Esprit remplissant notre âme, nous rendant capables d’agir dans le Royaume.

¨ Le Lieu-Très-saint (avec l’Arche de l’Alliance) : L’Arche nous parle d’Israël – elle contient les Tables de la Loi, la manne et le bâton d’Aaron. Durant 2000 ans, le peuple juif a été le peuple « théophore » qui porte Dieu ; il est le peuple lévite pouvant seul porter l’Arche sainte.

Nous devons rajouter un élément-clé : le couvercle (Kaporeth) de l’Arche sur lequel était déposé le sang du sacrifice. Là, entre les Chérubins se trouvait la Présence glorieuse de Dieu. La Présence divine nous introduit dans le royaume de David que Dieu va restaurer avec la venue du Messie : « Et voici, je vis la gloire de Dieu s’avancer de l’orient ; Sa voix était pareille au bruit des grandes eaux, et la terre resplendissait de Sa gloire » – Ezéchiel 43.

Trois révélations – un salut complet

Nous comprenons alors que l’homme tripartite – corps, âme et esprit – a besoin de trois révélations de Dieu qui sont trois étapes successives dans la foi – Jésus, l’Esprit et le Père. Ainsi sommes-nous… :

1. nés de nouveau, en découvrant le Sauveur – Jésus-Christ,

2. baptisés de l’Esprit, en étant remplis et équipés des dons pour le Royaume,

3. unis avec Israël, et prêts à accueillir le Messie-Roi des rois qui vient établir le Royaume de Dieu sur la terre, apporter la Justice et la Paix pour toute l’humanité. La révélation du Père nous conduit à Israël.

Israël, la dernière révélation en vue du Royaume qui vient

Comprenons-nous l’importance d’Israël… et la souffrance de Dieu ? Dieu ne prendra pas de repos « jusqu’à ce que le salut de Jérusalem paraisse et ne devienne une torche embrasée pour le monde » ! Et le peuple juif sera le champion de Dieu pour être l’instrument de l’évangélisation mondiale – Israël rentrera dans son glorieux ministère d’être « la lumière des nations » !

Dans la fin des temps où nous vivons, Dieu souffre les « douleurs de l’enfantement », et Il nous propose d’être partenaire dans cette attente de la Parousie ; Dieu ne peut prendre de repos avant que Sa gloire ne paraisse. Sur la Croix, Jésus a bu la coupe d’Elie, la coupe de souffrance, « pour l’Amour de Sion ».

De même, le Seigneur attend ce moment avec impatience (comme Joseph avec ses frères) : se révéler à son peuple, Israël ! « Le salut vient des Juifs », a déclaré le Seigneur/Souverain sacrificateur dans le Tabernacle céleste. Maranatha !

Source : http://www.preparezlechemin.com/2018/07/pour-l-amour-de-sion.html

Laisser un commentaire