Trump, un nouveau shérif est à Washington, par Guy Millière

Depuis le début des années Obama, la planète n’avait plus de puissance à même de veiller sur l’ordre du monde, et le désordre régnait.

Trump vient de montrer qu’une page était tournée et que les Etats-Unis ont à nouveau un Président. Trump n’a pas tracé une ligne rouge en vain : il a montré que s’il traçait une ligne rouge, il entendait qu’elle soit respectée.

On pourra se demander longtemps pourquoi Bachar al Assad a utilisé des armes chimiques, et précisément à ce moment, mais il semble avéré qu’il l’a fait, et Donald Trump avait dit qu’il n’admettrait plus l’usage d’armes chimiques. Trump a montré qu’il fallait le prendre au sérieux.

Il n’est pas certain qu’il entende renverser Assad, mais si c’est son intention, il le fera.

Pour l’heure, il a donné une limite stricte à Assad. Il a montré à Assad qu’il était à la merci d’une décision américaine. Il a signifié à la Russie qu’elle avait échoué dans sa tentative de juguler Assad et que la protection qu’elle offre à Assad peut se révéler vaine si la Russie ne respecte pas les lignes directrices tracées par les Etats-Unis. Rex Tillerson se rendra à Moscou en position de force et, comme je l’explique dans mon prochain livre, dira à Poutine ce qui est acceptable et ce qui est inacceptable pour les Etats-Unis, et Poutine écoutera attentivement.

Le message de Donald Trump est aussi destiné à l’Iran, que Donald Trump entend endiguer (et les visites successives à Washington du responsable saoudien des affaires étrangères, du Président Sissi et du roi de Jordanie n’ont rien dû au hasard). Il est destiné à la Corée du Nord et à la Chine, dont le Président rend visite à Trump en ce moment, et Rex Tillerson avait dit la semaine dernière que si la Chine ne s’occupait pas de la Corée du Nord, les Etats-Unis s’occuperaient de la question.

Assad a intérêt à se faire tout petit.

Poutine a intérêt à se montrer vraiment très bon joueur d’échecs et à ne pas oublier que la Russie n’est plus une très grande puissance.

Les dirigeants iraniens ont intérêt à rester calmes et à discerner qu’ils sont eux-mêmes sur des sièges éjectables.

L’Etat Islamique n’en a plus pour très longtemps.

Haider al Abadi, Premier ministre irakien, qui était lui-même récemment à Washington, se souvient lui-même très bien, j’en suis sûr, de ce que Trump lui a dit.

J’ignore ce que seront les réactions européennes : l’Europe est constituée de nains, militairement parlant, et cela n’a donc pas grande importance.

Binyamin Netanyahu a fait savoir sa satisfaction, car, au delà de l’Iran, il sait que le message de Trump vaut aussi pour les dirigeants « palestiniens”.

Les Démocrates américains vont avoir du mal à poursuivre leur discours avarié sur la collusion entre Poutine et Trump. Ils vont chercher d’autres motifs d’indignation factice [NDRL: par exemple la soumission de Trump aux néo-conservateurs]

Les discours stupides sur l’isolationnisme de Trump viennent de voler en éclats.

Ce que je viens de lire dans la presse française est sans intérêt, et les commentateurs pour l’heure semblent prendre leurs informations du côté de Damas et de Moscou.

Marine Le Pen prend visiblement se informations aux mêmes sources et se dit “déçue par Trump ». C’était prévisible. Je n’attends pas mieux, je le dis tout de suite, des autres candidats à la présidence française.

Peu importe. La bonne nouvelle du jour est qu’un nouveau shérif est à Washington. Et c’est très bien ainsi.

© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

  1 Comment

  1. jacqueline781   •  

    Est on sûr que c’est vraiment Assad qui a bombardé avec le gaz moutarde? J’ai un doute, qu’avait il a gagner? Trump était d’accord qu’il reste au pouvoir mais voulait seulement anéantir l’EI.
    La Russie n’est peut être plus une grande puissance mais elle est en très bon rapport avec la Chine.

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