Un sacerdoce royal, par le pasteur Gérald Frusinholtz

L’apôtre Pierre définit exactement le mandat du chrétien : « Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de Celui qui a appelés des ténèbres à son admirable lumière » – 1Pierre 2 :9.

On retrouve tous les termes hébreux liés au sacerdoce du peuple hébreu : ‘am niv’har (peuple choisi), mamlekhet qohanim (royaume de sacrificateurs, sacerdoce royal), goy kadosh (nation sainte), ‘am segoula (trésor qui appartient à Dieu, peuple acquis).

Le peuple du ciel

Nous devons cependant affirmer avec force que jamais nous ne remplacerons Israël, sous le faux prétexte que le peuple juif a échoué. Israël a sa propre fonction sur terre, en vue du Royaume millénaire. Nous appartenons « au ciel », parce que notre Aaron, chef de la tribu de Lévi, règne aux cieux à la droite de Dieu. Christ a ouvert le chemin : en déchirant le voile du Temple, par sa mort sacrificielle, le Seigneur a déchiré le ciel nous donnant accès au Père, par la nouvelle naissance.

« Nous sommes citoyens des cieux », (Phil 3 :20), « étrangers et voyageurs », (1Pi 2 :11). Nous ne prenons pas la place d’Israël, nous complétons la superbe image divine d’un ciel se superposant à la terre.

Israël et l’Eglise sont deux « peuple choisis » pour le Projet divin devant aboutir au Royaume millénaire qui verra le monde entier acquis à l’Eternel.

Nous n’avons en outre, comme les Lévites, aucune possession ici-bas ; toutes nos richesses viennent d’en-haut (Nb 18 :20) ; nous n’avons rien à revendiquer à Jérusalem et sur terre.

 

De même, notre rôle n’est pas d’établir le Royaume de Dieu dans le monde, dans une prétendue conquête des nations. Cette théologie, en apparence légitime, est de nature sacrilège, car elle vole à Dieu Sa gloire – Lui seul amènera « le rétablissement de toutes choses » (Actes 3 :20), c’est Sa joie, l’ultime étape du Projet divin.

 

Jésus n’est pas de la tribu de Lévi

L’ordre de Melchisedek est du ciel – selon le serment divin, Christ est « sacrificateur pour toujours, selon la parole de Melchi-Tsedek » (Ps 110) – « Il jugera les nations, et brisera la tête du Prince du monde ». Dieu a souverainement élevé son Fils comme Cohen gadol, Souverain sacrificateur, non pas issu de la lignée aaronique et selon le sacerdoce lévitique, mais selon la lignée céleste ; non « d’après la loi d’une ordonnance charnelle, mais selon la puissance d’une vie impérissable » (Héb 7 :16).

 

Hébreux 7 :25 : « C’est pour cela qu’Il peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par Lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur ».

 

Christ est de la tribu de Juda, et Il est Roi et Sacrificateur – Il est le Germe-tsema’hselon Zacharie 6 :13, « Il bâtira le temple de l’Eternel, et Il portera les insignes de la majesté ». Ainsi notre sacerdoce est royal, nous donnant de participer au service divin semblable à celui des Lévites, avec le pouvoir d’En-haut nous conférant une autorité de nature royale.

 

Les Lévites, mis à part

Lévi a comme sens : « attaché ». Nous sommes attachés de cœur à la fois à notre Aaron céleste et au service divin. Nombres 3 définit le Lévite : « Voici, j’ai pris les Lévites du milieu des enfants d’Israël, à la place de tous les premiers-nés des enfants d’Israël. Les Lévites m’appartiendront ».

Les Lévites étaient ainsi mis à part (kadosh), et ne possédaient aucune propriété.

– Nous sommes des « premiers-nés », comme Jacob ou Joseph, sans être forcément l’aîné d’une famille. C’est le mystère de l’élection ; en aucun cas, nous sommes meilleurs, mais Dieu nous a mis à part pour Son Œuvre. Soyons-en dignes !

– Nous avons à réaliser l’immense privilège d’avoir été choisi, « élu de toute éternité » selon le terme d’Eph 1 :4, pour être « saints et irréprochables devant Lui ». Nous sommes prédestinés à être « Ses enfants d’adoption… pour célébrer Sa gloire ». Voilà le but de ce choix souverain ! Dieu a constitué l’Eglise, un peuple de « sacrificateurs » ayant comme mission d’être Sa lumière, et de toucher le cœur de ceux qui Dieu place sur notre route. C’est une responsabilité de premier ordre, celle d’être Ses ambassadeurs.

Le service dans le Lieu saint

Les Lévites avaient des fonctions spécifiques notamment : déplacer et porter le Tabernacle – les couvertures, les toiles, les cordages, les pieux, les ustensiles, l’Arche sainte, etc. C’était le travail des fils de Guershon, de Merari, et de Kehath (Nombres 3). De plus, les Lévites avaient le droit de pénétrer dans le Lieu-saint.  Celui-ci était occupé par les trois éléments : la Ménorah, la table des pains, et l’autel des parfums.

 

On peut ainsi résumer notre tâche, dans ces trois domaines spirituels :

– Etant illuminé de la lumière de la Ménorah, l’Esprit de Dieu, nous avons à être une lumière pour le monde,

– En étant une bénédiction pour notre prochain, lui témoignant l’amour de Christ – participer à des œuvres de grâce : prier pour les malades, délivrer les captifs, etc… à l’image de Christ (Luc 4 :18). « Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel… » – Mat 18 :18

– En étant un adorateur pour faire monter vers Dieu nos louanges et notre action de grâces.

 

Une destinée royale

Notre sacerdoce royal est lié à Celui qui vient comme Roi des rois. Notre service de prière, d’intercession pour le salut des âmes, est relié à l’espérance de Celui qui vient instaurer Son Royaume. C’est notre désir de réaliser comme Job notre destinée finale : « Maintenant, mon œil te voit » – Job 42 :5.

 

Nous voyons aujourd’hui imparfaitement « comme dans un miroir » (1Cor 13 :12), mais nous Le verrons face à face, c’est là notre espérance. Il vient bientôt se révéler premièrement à son peuple Israël, et rétablir le Royaume sur la terre, Royaume de paix et de justice éternelle.

Et… « toute la terre sera remplie de la connaissance de l’Eternel, comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent » – Esaïe 11 :9, Hab 2 :14.

 

Le 1er décembre 2017 – GF

 

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